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Incendie de batterie lithium-ion : tout savoir sur le feu de classe L

Depuis quelques années les batteries lithium-ion ont révolutionné notre quotidien. Des smartphones aux véhicules électriques en passant par le stockage d’énergie domestique, elles sont partout. Mais cette révolution technologique a apporté un défi de taille : un risque incendie d’un genre nouveau, que les outils de lutte classiques peinaient à maîtriser.

C’est pour répondre à cette urgence que la troisième édition de la norme ISO 3941, publiée en janvier 2026, introduit officiellement une nouvelle catégorie : la Classe L.

Le rôle essentiel des classes de feu : petit rappel

Les classes de feu ne sont pas de simples étiquettes, elles déterminent l’agent extincteur à utiliser face à un départ de feu pour garantir l’efficacité et éviter d’aggraver une situation.

Jusqu’ici, nous avions :

  • Classe A : Feux de solides (bois, papier, plastiques) formant des braises.
  • Classe B : Feux de liquides ou de solides liquéfiables.
  • Classe C : Feux de gaz.
  • Classe D : Feux de métaux.
  • Classe F : Feux liés aux matières grasses végétales ou animales sur les appareils de cuisson.

Pourquoi les feux lithium ne rentraient dans aucune case ?

Pendant longtemps, les feux impliquant des batteries lithium ont été assimilés, selon les cas, à des feux de classe A, B, voire D.

En pratique, cette approche s’est révélée insuffisante. Un feu de batterie lithium-ion n’est ni un feu de bois, ni un feu de liquide, ni un feu de métal pur.

C’est un feu électrochimique, avec une densité énergétique très élevée et un comportement propre .

La norme ISO 3941:2026 le précise clairement : “Les feux de classe L concernent les cellules et batteries lithium-ion, en l’absence de lithium métallique, et présentent un taux de croissance potentiellement beaucoup plus rapide que les feux traditionnels”

Le scénario typique d’un feu lithium commence souvent par un phénomène clé : l’emballement thermique.

Pour simplifier, voici les étapes du phénomène :

  • Une cellule chauffe anormalement.
  • La température augmente.
  • Les réactions internes s’accélèrent.
  • La cellule libère brutalement de l’énergie.
  • Le feu peut alors se propager de cellule en cellule, sans apport extérieur.

C’est ce que la norme décrit comme un emballement thermique en cascade. C’est l’une des raisons majeures pour lesquelles les extincteurs classiques montrent rapidement leurs limites.

Pourquoi les extincteurs traditionnels sont souvent inefficaces face au feu lithium ?

Face à un feu lithium, l’erreur la plus courante consiste à penser qu’un extincteur « polyvalent » suffira. Dans de nombreux cas, ce n’est pas vrai.

Les agents extincteurs classiques peuvent étouffer les flammes visibles mais ne pas stopper la réaction interne de la batterie. De plus, ces agent extincteur ne peuvent pas éliminer l’énergie résiduelle contenue dans les cellules endommagées.

Résultat : le feu peut reprendre plusieurs minutes, voire plusieurs heures plus tard.

La norme souligne clairement ce risque de ré-inflammation, lié à l’énergie résiduelle encore présente après les premières actions d’extinction.

Des risques spécifiques aux feux de classe L :

En plus d’être très difficile à éteindre, les feux de classe L présentent des risques spécifiques :

  • Le dégagement de gaz chauds et explosifs, parfois en grande quantité
  • La toxicité élevée de ces gaz, dangereux pour les intervenants
  • La projection de cellules chaudes ou en feu, pouvant provoquer des blessures à distance
  • Les fuites d’électrolyte, avec des risques chimiques associés
  • Le risque d’électrocution, notamment lorsque les batteries restent connectées à une source d’alimentation
  • Les obstacles physiques, qui empêchent l’agent extincteur d’atteindre le cœur du foyer

Ces éléments expliquent pourquoi les stratégies classiques de lutte contre l’incendie ne sont pas toujours adaptées.

Une évolution logique face à l’évolution des usages

La création de la classe L n’est pas une révolution isolée, c’est une évolution logique. Les normes incendie ont toujours évolué avec les matériaux, les technologies et les usages.

Les batteries lithium-ion sont devenues omniprésentes. Les incidents se multiplient dans les entrepôts, les ateliers, les parkings, les logements, les véhicules. Ignorer la spécificité de ces feux n’était plus possible.

La norme ISO 3941:2026 marque donc une étape importante : elle reconnaît officiellement que les feux de batteries lithium nécessitent une approche distincte, au même titre que les feux de métaux ou de graisses de cuisson.

Ce qu’il faut retenir sur les feux de batteries lithium-ion (classe L)

Les feux de batteries lithium-ion ne peuvent pas être maîtrisés efficacement par des moyens d’extinction conventionnels.

Leur comportement diffère profondément des feux « classiques ».

Les feux de batteries lithium-ion :

  • brûlent selon des mécanismes électrochimiques spécifiques,
  • présentent une montée en puissance très rapide,
  • dégagent des gaz chauds, toxiques et parfois explosifs,
  • peuvent se réenflammer après une extinction apparente,
  • exposent les intervenants à des risques multiples : projections, électrocution, fumées dangereuses.

Face à ces caractéristiques particulières, la norme a évolué.

La création d’une classe de feu indépendante, la classe L, permet désormais d’identifier clairement les incendies impliquant des batteries lithium-ion et de mieux adapter les stratégies de prévention et de lutte contre l’incendie.

Il s’agit d’une réponse normative concrète à un risque déjà largement rencontré sur le terrain, dans l’industrie, les bâtiments et les usages du quotidiens.

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